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LES PROCES DE L’EPURATION
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NOTRE TEMPS 1939-1940 EN ALSACE

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Le 1er septembre 1939, la nouvelle de l’invasion de la Pologne par l’armée allemande laisse entrevoir le pire. Le 2 septembre, au lendemain de la mobilisation générale, le gouvernement français décide l’évacuation sans délai des populations vivant en avant de la Ligne Maginot. Les consignes étaient prêtes depuis longtemps dans un dossier secret déposé dans les mairies. Cette fois une nouvelle épreuve commence…

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Les cloches sonnent aussitôt le tocsin. En quelques heures, la plupart des villages se vident complètement. A Wissembourg, des trains attendaient à la gare, des camions et des cars dans la cour de la caserne. Mais ceux des villages partent avec leurs propres moyens jusqu’aux centres de regroupement de Marlenheim et de Saverne.

L’« ÉVACUATION » : LE DRAME DES RÉFUGIÉS

Chaque évacué n’a droit qu’à 30 kg de bagages. C’est la bousculade générale. Bien des maris, mobilisés, sont absents. Il y a des familles nombreuses, des vieillards souvent malades ou infirmes. Les paysans, avant de s’en aller, détachent le bétail des étables pour le laisser errer en pleine nature.

Dans l’arrondissement de Wissembourg, 56 communes sur 83 sont évacuées, soit 33 000 personnes et 70 % de la population. Dans l’arrondissement d’Haguenau, la mesure touche 16 000 personnes. Sont également évacuées toutes les localités situées en bordure immédiate du Rhin, de Bâle à Lauterbourg. A Strasbourg, 20 000 habitants sont dirigés vers l’Indre, 80 000 gagnent la Dordogne. Le maire, Charles Frey et l’administration municipale, se fixent à Périgueux, avec 11 000 personnes.

Au total, avec les départs volontaires de Colmar et de Mulhouse, un tiers environ de la population alsacienne est évacué, soit 374 000 personnes résidant dans 181 communes. 127 000 ha de terres cultivées sont abandonnés. C’est un drame car les habitations laissées vides ne tarderont pas à être pillées et saccagées…

Le voyage en train vers les départements du Limousin et du Poitou prend plusieurs jours. Pour la majorité des paysans, c’est le premier grand déplacement, le premier contact avec une autre province française. Autant que possible, les évacués d’une même localité restent groupés dans le même village d’accueil avec leur municipalité et leurs registres d’état-civil. Mais ce n’est pas toujours le cas.

La hâte explique certains imprévus. Quelques communes d’accueil ignorent tout jusqu’à la dernière minute pratiquement. Par inadvertance, il arrive par exemple que le convoi d’Oberroe-dern est accroché à une rame ferroviaire de Strasbourg-Campagne, qui les emmène dans l’Indre, alors qu’il est attendu en Haute-Vienne…

Une grande partie des évacués trouve à s’embaucher dans les fermes, dans les bourgs ou même à Limoges. En dépit de certaines incompréhensions, dues à la différence de mentalité, de mode de vie (en particulier l’hygiène), des pratiques religieuses et surtout de langue, l’évacuation fait naître des liens durables. (On trouve aujourd’hui dans « Rue de la Haute Vienne » à Wissembourg, Lauterbourg, Seltz, Drusenheim, Niederroedern…) Bon nombre dé localités du Limousin et d’Alsace procèdent à des jumelages et à des échanges amicaux.

1940, LES ALLEMANDS ATTAQUENT…

L’Alsace se croit en sécurité derrière la Ligne Maginot, où servent un grand nombre des siens. Mais après sept mois de  » drôle de guerre « , l’Allemagne, en lançant ses chars en Belgique et dans les Ardennes en mai 1940, parvient à percer le dispositif français et à envahir le nord du pays. En juin, le front de la Somme et de l’Aisne se disloque.

Devant la menace d’encerclement, la 8e armée française, qui tient le secteur du Rhin, reçoit l’ordre, le 13 juin, de se replier sur les Vosges et la trouée de Belfort. Le 14, les services administratifs se replient à leur tour. Le 15, les écoles sont fermées.

Le même jour (soit le lendemain de la prise de Paris) les troupes allemandes franchissent le Rhin en quatre points entre Neuf-Brisach et Marckolsheim sur un front de 30 km, au moyen de 250 canots d’assaut et 950 bateaux pneumatiques. Colmar est occupée le 17 juin, Mulhouse le 18. Le commandant en chef de la 7e Armée allemande demande par voie d’affiches à la population de rester calme, d’éviter tout acte de sabotage ou de résistance, d’obéir aux injonctions de la Wehrmacht et de continuer de travailler. « N’ayez pas peur de nous, proclament les occupants, nous ne venons pas en ennemis, mais en libérateurs. Soyez heureux d’être de nouveau Allemands ! ‘ ‘.

La ville de Strasbourg est évacuée par les Français dans la nuit du 17 au 18 juin. Les Allemands, de leur côté, s’attendent au contraire à y rencontrer une forte résistance. Hitler, prévoyant, a donné l’ordre de renoncer à l’emploi de l’artillerie pour ne pas exposer la cathédrale comme en 1870, même s’il est reconnu qu’elle sert d’observatoire. Cependant la métropole est occupée

le 19 sans le moindre coup de feu. Il n’y a dans la ville que 68 policiers, 97 pompiers, un médecin, 4 infirmières (dont 3 religieuses) un prêtre et environ 400 personnes ! La police a rendu son armement et aucun civil n’a été autorisé à conserver des armes. Un Commissaire Central a été chargé par le Préfet de maintenir l’ordre et le calme, d’assurer le ravitaillement  » jusqu’à l’arrivée des forces d’occupation « . Le même jour, à 12 h. 20, le soldat Volkers hisse le drapeau à croix gammée au sommet de la Cathédrale…

Dans le nord de l’Alsace, la ligne Maginot subit depuis le 15 juin de rudes attaques par l’avers comme par le revers, ainsi que le pillonage de la Grosse Bertha (rescapée de la Première Guerre mondiale) et le bombardement des Stukas. La garnison de certains forts ne dépose les armes que le 2 juillet, soit neuf jours après la signature de l’Armistice et sur ordre du général Huntzinger de l’Etat-major français. Ses 25 000 défenseurs, invaincus, sont conduits en captivité pour les Français ou sont relâchés dans le cas des Alsaciens.

UNE PAGE D’HISTOIRE SE TOURNE…

A la victoire allemande, l’Alsace se trouve dans un piteux état. En se retirant, les troupes françaises ont fait sauter les principaux ponts routiers et 109 ponts ferroviaires ; elles ont en outre coupé les lignes téléphoniques, écartelé les rails des voies ferrées, asséché les canaux, endommagé les installations et les lignes électriques, démantelé les installations du port de Strasbourg, les moulins d’Illkirch, le barage hydro-électrique de Kembs, la raffinerie de sucre d’Erstein… La propagande nazie présente immédiatement ces destructions non pas comme des actes d’hostilité à l’égard de l’Allemagne, mais comme une humiliation de l’Alsace.

Dès le lendemain de l’Armistice, les Allemands exigent de la Commission d’Armistice siégeant à Wiesbaden la libération des 17  » Nancéiens ». Un commando spécial est d’ailleurs chargé de les retrouver dans le sud de la France. A la mi-juillet, les ex-prisonniers sont reçus à Colmar, avec les honneurs réservés aux héros de la Grande-Allemagne par les autorités nazies et en présence de la veuve de Karl Roos. Le Dr Ernst, Oberstadtkommissar de Strasbourg, les conduit ensuite au Grand Hôtel des Trois-Epis, où il leur  » propose  » d’adresser au Fûhrer une demande de rattachement de l’Alsace au IIIe Reich. Leur proclamation, datée du 17 juillet, sera cependant, toujours tenue secrète par les Nazis. Elle remercie en effet Hitler de les avoir libérés et d avoir épargné à l’Alsace les destructions de la guerre. Mais elle demande l’Anschluss de l’Alsace sous quatre conditions : que la France soit d’accord, que la population puisse se prononcer par référendum, que les libertés religieuses soient garanties et que les traditions alsaciennes soient respectées.

Les ‘ ‘ Nancéiens ‘ ‘, bon gré mal gré, sont devenus les otages des Nazis.

A l’occasion du 1er anniversaire de la prise de Strasbourg, le 19 juin 1941, la dépouille de Karl Roos est ramenée en grande pompe en Alsace. Dans toutes les localités traversées, le convoi s’arrête pour recevoir l’hommage (forcé) des populations. Le nom de Karl Roos est donné à la place Kléber, ainsi qu’aux principales rues des localités alsaciennes. Le dirigeant de la Landespartei est enterré dans le donjon du château de la Hune-bourg, lieu de rassemblement fasciste avant-guerre, où les écoliers seront désormais régulièrement conduits pour s’y recueillir. Sa statue remplace même celle de Kléber sur la place…

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