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LES PROCES DE L’EPURATION

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Les opérations militaires de la Libération sont aussitôt suivies d’une vague d’épuration, qui est d’abord le fait de l’armée et des FFI. La procédure légale n’est introduite qu’en mai 1945. Dans chaque chef-lieu de canton est mise en place une Commission d’Enquête chargée de recevoir et de vérifier les plaintes avant la comparution en justice. Au total, près de 20 000 plaintes sont enregistrées en Alsace, qui sont suivies par environ 8 000 condamnations. Il y a quelques condamnations a mort ou aux travaux forcés à perpétuité. Mais l’essentiel ies peines consiste en réclusions, dégradations, amendes, confisca­tions de biens ou interdictions de séjour.

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45 000 Alsaciens sont momentanément internés, dont beau­coup dans l’ancien camp du Struthof. En août 1945, l’adminis­tration envisage même de déporter dans le sud-ouest la popu­lation ‘ ‘ peu sûre ‘ ‘ de certaines localités protestantes du Bas-Rhin (Ittenheim, Furdenheim, Sarre-Union, Bouxwiller, Ingwiller, Hatten et Hunspach).

« L’accusation d’appartenance  » est la plus répandue (envi­ron 650 000 Alsaciens se voient reprocher une appartenance a des organisations nazies). Mais bien souvent la plainte n’est guère fondée et souvent mal intentionnée ; autonomisme et tra-sont facilement assimilés par certains…

L’épuration finit donc pas agacer. Parmi les premiers, Camille Dahlet en dénonce les excès les plus criants. Le MRP et le RPF, au contraire de la SFIO et du PC, demandent à leur tour en 1948 des mesures d’apaisement. Mais celles-ci ne suffiront pas à laver des réputations injustement ternies.

Les procès d’épuration les plus retentissants sont ceux des anciens dirigeants autonomistes, accusés d’atteinte à la Sûreté de l’Etat, de trahison et à’intelligence avec l’ennemi. Ces procès ont tous lieu en 1947. Ils permettent de mieux connaître certains faits, mais les déclarations des accusés et des nombreux témoins restent contradictoires. Mourer, Sturmel et Rossé affirment avoir mené un double jeu pour ménager les intérêts alsaciens.

Mourer  » député français et Kreisleiter nazi  » est néan­moins fusillé le 10 juin 1947 à l’Ile Napoléon avec l’un de ses complices. Les 7 contumax (dont Hermann Bickler, René Hauss et Paul Schall) sont, eux aussi, condamnés à mort le 3 septembre 1947. Joseph Rossé, lui, est condamné à 15 ans de travaux forcés, à la dégradation nationale à vie et à 20 ans d’interdicion de séjour. En Alsace, la cause autonomiste paraît discréditée pour longtemps, bien que des autonomistes comme Camille Dahlet n’aient jamais été mis en cause.

Robert Wagner, le Gauleiter qui s’est rendu aux Américains en octobre 1945 dans le Wurtemberg, Karl Buck, le commandant des camps de Schirmeck et du Struthof, ainsi que 4 autres membres de la Gauleitung d’Alsace sont condamnés à mort et fusillés le 24 juillet 1946 au Fort Ney près de la Wantzenau.

Le cas de Robert Ernst (d’ailleurs témoin au procès des anciens dirigeants autonomistes) est plus particulier. Identifié à la fin 1945 dans un camp de prisonniers des environs de Munich, il est transféré à la prison militaire de Metz. Bien que né à Hurtigheim, dans le Bas-Rhin, il se déclare de nationalité alle­mande. Celle-ci ne lui est définitivement reconnue qu’en janvier 1954. Il ne peut donc être accusé de haute trahison envers la France, ni être poursuivi pour crimes de guerre, puisqu’il ne figure sur aucune liste alliée de criminels de guerre.

Ernst est libéré le 16 janvier 1954. Mais au moment de passer le Rhin, il est repris pour complicité à l’incorporation des Alsaciens, atteinte à la liberté et pillage. Il demeure dans son ancienne cellule jusqu’en janvier 1955, totalisant ainsi 8 années de réclusion criminelle.

 

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