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L’ errance alsacienne sur le fleuve mythique

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clématites et lianes dans la forêt alluviale du Rhin : une luxuriance liée à l’omniprésence de l’eau et à un climat qui délaisse le continental pour s’inspirer de l’océanique, voire du tropical. Ce cliché ne vous plonge-t-il pas dans la peau des conquistadores à la recherche d’un eldorado mythique ?

 

De l’eau omniprésente car proche de la surface, un riche d’alluvions, un humus qui se décompose rap ment, un climat tempéré mais très chaud l’été, transpire alors d’une forte humidité atmosphérique, orages abondants, des précipitations régulières. Des fleurs et des arbustes, des lianes et des arbres aux noms exotiques : aulnes glutineux, érables, cornouillers sanguin forment une végétation de forêt tropicale. S’y promenant avec nonchalance et admiration l’été dernier, je me pris à suer à grosses gouttes. La forêt m’enveloppa de sa luxuriance et de ses mystères. Réelle, et pourtant inaccessible, proche de mes repères, mais monde de l’excès, je reconnus ni la végétation, ni les bruissements, ni les sauvages.

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le fruit, piqué au vif en automne, dans la forêt du R{mi, d’une clématite au doux nom latin de clematis vitalba. Feuille d’une jonquille sauvage, surprise en pleine rosée et immergée dans les eaux sans fonds des iles du Rhin. On parierait sur un bras discret de l’Amazone : c’est en fait le Giesen, vers niebolsheim, qui se croit sons les tropiques.

Le mythe m’agrippa, me plongea plus avant dans cette luxuriance. Deux mots s’imposèrent alors à moi : Eldorado et Amazonie. Du premier, les pieds dans un sol gavé d’eau, je me sentis l’explorateur, mais aussi le captif. Emerveillé et perdu. Fasciné, respectueux, mais inquiet. Car de l’Amazonie, je ressentis la torpeur, l’ombre. La touffeur? Non, l’étouffement. Les bruits qui me parvinrent n’étaient plus identifiables. Le monde qui m’entourait était immobile, mais foisonnant. Partout autour, les formes les plus variées de la Création m’encerclent. Des insectes volants ou velus traversent l’eau et les arbres. Des couinements simiesques d’un équateur voisin me déchirent les tympans. Au sol, des mousses épaisses servent de lit à des champignons écarlates, aux formes extraordinaires. Quant au ciel, il avait disparu, étouffé dans les houppiers dressés d’arbres géants.

Flageolant et pourtant vaillant, je me sentis dans le bassin de l’Orénoque, dans l’immensité verte et dangereuse
d’Igapo ou de Varzea. Une quête fiévreuse me happa plus avant dans cette forêt où je me perdais et sembláis pour-
tant l’un des éléments. Je me mis à courir, pionnier dans un espace vierge. Et je m’enfonçais dans cet Eden, l’esprit
vagabond. Précédé de ma course éperdue, je m’enfuyais à travers les lianes, les épiphytes, craquant les lierres ram-
pants, fouetté par des ronciers épineux, le visage balayé par des feuilles épaisses et humides. Je détalais vers l’in-
connu. Une racine centenaire me retint le pied. De tout mon long, je m’étalai. Rouvrant les yeux, je découvris mon
corps dans un layon entretenu. Au-dessus de moi, une pancarte récemment clouée affichait : Rhinau, 3,5 km.

plantes

: Une végétation luxuriante, des insectes que l’on imagine sortis d’une Guyane vierge de toute présence humaine. En fait, il s’agit juste de prendre le temps de regarder, au cœur du mois de juillet, la faune et la flore des îles du R(MM : fî6effufes géantes, orchidées sauvages êpoustouflantes, plantes carnivores y poussent en toute discrétion. E(J oui 1 L’Alsace rassemble une richesse naturelle qui semble lointaine et exotique… en bas de chez-vous.

Sans titre

Balade en barque à fond plat, dans un marais que l’on pense poitevin, ou sauvage et lointain, il est en fait à quelques jets de route de Strasbourg.

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